David Byrne & Fatboy Slim : Here Lies Love.

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Deux poids, démesure.

En musique, cet algorithme est universel. Deux barons de la world music transpirent secrètement dans un studio avec un concept fantasque en tête, et automatiquement la presse s’encense (ensence ? s’embrase?), les amoureux du bruit s’enflamment et même les oreilles les moins attentives s’émoustillent. Byrne et Slim sortent Here Lies Love, un conte de fée pour les éduqués de l’électronique.

David Byrne et Fatboy Slim sont deux seigneurs de la production. Le premier a fondé Talking Heads, composé avec Brian Eno et créé le label Luaka Bop. Entre autres. Le second, il ne serait utile de vous le présenter ni right here, ni right now. Le garçon maigre à l’ossature lourde est pour beaucoup le souverain de l’électro anglaise. Et la lignée est noble en Perfide Albion.

Here Lies Love murit dans leurs synthétiseurs depuis bientôt cinq ans. Le projet est baroque : conter la vie de l’ex first-lady des Philippines, Imelda Marcos, de l’enfance au deuil de son mari. 22 titres forment le sommaire de ce que l’on pourrait appeler : manuel du comment tromper l’ennui lorsque l’on est riche, femme de dictateur, et qu’on peut tout avoir. Enfin, une histoire de princesse crédible que l’on écoute jusqu’à la fin, qui plus est, en remuant le casque.

La perfection des productions prouve une fois de plus le talent des deux monstres que sont Byrne et Norman Cook à trouver la note juste et le sample turbulent. Embarqués dans un voyage enchanteur, vous n’aurez pour vous guider qu’à écouter les voix des prestigieux invités de Here Lies Love. La liste est longue : Florence and The Machine, Sharon Jones, Santigold, Cindy Lauper, Tori Amos, Alice Russel, Camille… Tous les arrangements vocaux sont réussis et nos deux producteurs signent un concept album parfait et accessible.

Maintenant, mélangez des médicaments pour chevaux, ouvrez le bouquin Le Diable s’habille en Prada de Lauren Weisberger, projetez Blanche Neige sur un mur, blanc lui aussi, sélectionnez ce disque profond, électronique et brutal que vous ferez bruyamment tourner et ingurgitez les médicaments susmentionnés. C’est rigolo, non ?

Here Lies Love chez Todomundo/Nonesuch. Dans les bacs le 06 avril.

Goliath Anderson

http://www.davidbyrne.com/here_lies_love/

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