Lundi : Des yeux capricieux 
Les poumons en vrac, Le foie noyé et le cœur brisé je cherche le sommeil en regardant l’obscurité. Celui-ci ne vient pas, la cortisone fait son effet, elle me permet d’inspirer et d’expirer des petits filets d’air du studio dans lequel je me sens oppressé mais m’interdit cependant les bras de Morphée.
Les heures passent, je l’attends, il ne vient pas. J’écoute alors en boucle cette musique qui me berce depuis mon enfance : « Sparring Partner – Paolo Conte ». Je me prends donc à rêver les yeux ouverts songeant à des choses auxquelles tous les humains pensent, comme si nous étions programmés pour le faire. La musique commence à m’éloigner doucement, comme si elle avait sur moi l’effet d’un cachet de mélatonine, mes sombres pensées me quittent, mon corps s’alourdit…Morphée n’est pas loin…
Après une courte nuit dénuée de rêves qui me manquent tant, je peine à ouvrir les yeux. En tâtonnant les environs, je cherche à atteindre la salle de bain. Quatre coups dans les orteils plus tard je l’atteints, une journée maussade commence…
Mardi : Décadenc
e
Je pensais être au plus bas, je m’étais trompé…
Les erreurs de mes vacances précédentes me rattrapent encore une fois. Dans le téléphone une voix faible et meurtri me laisse entendre un « allo…c’est moi.. ». Je comprends alors que la prochaine heure sera pourvue de pleurs, de cris, de reproches et d’insultes. La tristesse d’avoir fait souffrir une personne qui m’est chère me fait mal, je m’enferme alors dans la bulle que je me suis construit et tente tant bien que mal de me retrancher comme j’en ai l’habitude dans un sourire et des enfantillages qui paraissent naturels aux yeux des gens. Après avoir terminé la conversation je me remets à écouter mon prozac sonore (Paolo conte) mes remords me quittent, la tristesse également, je m’évade encore une fois de ce noir passage de mon existence.
Mercredi : Renaissance.
La nuit précédente la fatigue a triomphé sur la cortisone, une journée pleine de vie s’annonce. Je rentre de cours, je suis dans un de mes bons jours, même le vent glacial qui m’accompagne sur la route de mon petit chez moi me rend heureux, je sens en effet l’air glacial qui atteint mes poumons et pour une fois mon asthme me laisse quelques moments de répits, je me sens vivant. Je regarde les passants, j’essaye de les analyser, et je pense à des choses inavouables qui me font ricaner en les voyants ainsi. Mon cynisme me revient, le vrai Quentin est de retour.
Jeudi : Un poids chiche et deux mains gauches
Après avoir mis mon téléphone au placard pour éviter une lobotomie si bien maîtrisée par la gente féminine, je me suis rendu aux halles de Lyon pour acheter des produits qui m’ont forcé par la suite à vendre mes deux reins et ma virginité pour ne pas que mon banquier m’envoie les huissiers.
Les quenelles sont dans la casserole, j’ouvre alors le petit blanc qui m’avait coûté mon premier rein pour accompagner les belons N°3 qui m’avaient forcés à vendre le deuxième. Quel bonheur ça aurait été si je n’avais pas omis de demander de me faire ouvrir les huîtres. Je suis aussi maladroit avec un couteau qu’un enfant de trois ans amputé des deux mains ayant contracté la maladie de gille de la Tourette. Je décide donc pour protéger mes mains de me rendre chez le vendeur d’huîtres pour qu’il me les ouvre, sur la route une chose me tracasse je sens que j’ai oublié de faire quelque chose. Le magasin est fermé, je retourne avec mes cailloux à prix d’or dans mon appartement. En ouvrant la porte j’ai tout de suite compris ce que j’avais oublié: les quenelles dans la casserole. Le repas est fichu cependant je me sens tout de même heureux et je me surprends à rigoler tout seul de mon incommensurable échec.
Vendredi : Poisson rouge, la gerbille
En sortant de cours, une envie me trotte dans la tête. Serait-ce pour combler ma solitude ou simplement pour avoir un confident qui ne répètera jamais mes secrets les plus sombres ? Je ne saurai le dire cependant c’est décidé : je veux un animal de compagnie. Je file dans une animalerie, je veux un poisson rouge, en passant devant les rongeurs je commence à craquer devant les gerbilles. Mon envie de poisson rouge commence lentement à s’en aller en voyant le regard de ce joli petit rongeur de quatre centimètres. C’est décidé, j’ai acheté une gerbille, celle-ci répondra maintenant au joli nom de « poisson rouge » allez savoir pourquoi…
Samedi : L’étrange qui met… la puce à l’ordi
Cela faisait environ 3 mois je ne m’étais pas connecté a ma « boite Hotmail » ! La fameuse boite qui nous a monopolisé toute notre pré-puberté en nous vissant à notre siège pour échanger des phrases d’une inutilité déconcertante et qui de ce fait, faisait rager nos parents qui auraient préférés nous regarder jouer aux billes mais l’idée, allez savoir pourquoi, nous laissaient tous dans l’indifférence la plus totale.
Je me suis donc connecté et une fille que je ne connaissais pas entame une conversation, celle-ci un peu stéréotypée avec une écriture rose, un pseudonyme féministe très cliché et un avatar enfantin ce qui m’a tout de suite donné l’impression d’un piège. En effet quand cette demoiselle a commencé à me demander des photographies de moi tout en commençant à tenir des propos dignes de « Meetic », « Drague.net » ou plus récemment « charoulette.com » j’ai tout de suite compris qu’il s’agissait d’une farce très mal organisée et réfléchie.
Cependant une question m’obsède : Qui me fait cette « blague » ?
Il est tard, je ne renoncerai pas à savoir, je ferai mon enquête demain….
Dimanche : L’enquête Lyonnaise.
Au réveil ma soif de vérité a ressurgit. Ce sera un matin sans douche, sans petit déjeuner avant que je trouve qui est cette personne. Je commence donc mes recherches, je rentre son nom d’adresse email sur tous des sites où elles y sont habituellement enregistrés. Au bout d’une heure de recherche je trouve son nom : Eugénie M. , il s’agit de la meilleur amie de ma copine qui voulait simplement tester mes capacités à résister aux charmes féminins. Je me félicite donc d’avoir été irréprochable, et je m’en vais donc vaquer à d’autres occupations.